Investir dans la jeunesse de la pêche artisanale pour un océan vivant
Déclaration de la CAOPA : Journée mondiale de l’océan 2026
A l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, le 8 juin 2026, la Confédération Africaine des Organisations Professionnelles de la Pêche Artisanale – CAOPA – rappelle que l’avenir de l’océan en Afrique dépend aussi de l’avenir des jeunes des communautés côtières. Car réimaginer notre relation avec l’océan implique aussi de réimaginer la place donnée aux jeunes femmes et aux jeunes hommes qui vivent de ses ressources et contribuent chaque jour à leur gestion durable.

Partout en Afrique, des millions de jeunes vivent directement ou indirectement de la pêche artisanale. Ils sont pêcheurs, transformatrices, mareyeurs, mécaniciens, charpentiers, commerçants ou innovateurs.
Pourtant, cette jeunesse fait aujourd’hui face à une réalité préoccupante : raréfaction des ressources halieutiques, pression des flottes industrielles et d’autres secteurs polluants et destructeurs, changement climatique, précarité économique et manque d’opportunités.
La crise de l’océan devient ainsi une crise sociale, économique et générationnelle. Lorsque les jeunes quittent le secteur faute de perspectives, ce sont aussi des savoirs, des métiers, des capacités de gestion locale et une partie du patrimoine culturel des communautés côtières qui disparaissent.
Pour la CAOPA, les jeunes sont des acteurs centraux de la transformation du secteur, porteurs des solutions. Depuis des générations, les communautés de pêche artisanale sont gardiennes des océans : elles protègent les écosystèmes côtiers, et transmettent des savoirs essentiels à la gestion durable des ressources marines. Aujourd’hui encore, de nombreux jeunes innovent dans la transformation des produits halieutiques, le développement de services liés à la pêche, l’utilisation d’outils numériques, la sécurité en mer ou la surveillance communautaire des ressources. Ils ne demandent pas l’assistance ; ils demandent les moyens d’agir.
Investir dans la jeunesse de la pêche artisanale africaine, c’est investir dans la sécurité alimentaire, la stabilité des communautés côtières et la résilience climatique de notre continent.

Les mesures de conservation, y compris les zones marines protégées lorsqu’elles sont pertinentes, ne seront efficaces et durables que si les jeunes sont pleinement associés à leur conception, leur mise en œuvre et leur suivi. Une conservation imposée sans participation réelle, sans droits sécurisés et sans perspectives économiques risque d’accroître l’exclusion des jeunes côtiers au lieu de renforcer leur engagement en faveur de l’océan.
La jeunesse ne doit pas seulement être consultée : elle doit participer aux décisions. Les organisations de pêche artisanale, les mécanismes de cogestion, les plateformes des acteurs non étatiques de la pêche et de l’aquaculture artisanales, nationales, régionales et continentales ainsi que les processus internationaux doivent accorder une place réelle aux jeunes dans la définition des politiques qui concernent leur avenir.
La CAOPA appelle les gouvernements africains, les partenaires techniques et financiers, la FAO et les institutions internationales à :
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garantir les droits d’accès des communautés de pêche artisanale aux ressources et aux espaces côtiers ;
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renforcer la cogestion et la participation effective des jeunes aux processus de décision ;
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investir dans la formation professionnelle, l’apprentissage intergénérationnel et le développement des compétences entrepreneuriales ;
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faciliter l’accès des jeunes aux financements adaptés et aux infrastructures essentielles, notamment pour la conservation, la transformation et la commercialisation des produits ;
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développer des systèmes de protection sociale et promouvoir le travail décent dans l’ensemble de la chaîne de valeur ;
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soutenir l’innovation portée par les jeunes et les initiatives locales contribuant à la durabilité des écosystèmes et des communautés.
L’avenir de l’océan africain se construira avec les jeunes femmes et les jeunes hommes qui vivent de la mer, la protègent et portent déjà les solutions pour une planète bleue plus juste, plus durable et plus solidaire.
Parce qu’il n’y aura pas d’océan africain durable sans une jeunesse de la pêche artisanale reconnue, soutenue et pleinement associée aux décisions qui façonnent son avenir.


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