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Investir dans la jeunesse pour transformer les eaux africaines : la pêche et l’aquaculture au cœur de l’avenir du continent

À Mombasa, lors de la cinquième réunion du Comité de pilotage du projet FishGov2, l’Union africaine a réaffirmé une conviction stratégique forte : l’avenir économique, social et alimentaire du continent passe aussi par ses eaux. « Les eaux africaines doivent servir les peuples africains », a rappelé avec force S.E. Dr Moses Vilakati, Commissaire à l’agriculture, au développement rural, à l’économie bleue et à l’environnement durable. Derrière cette déclaration se dessine un enjeu central pour les décideurs et bailleurs : faire de la pêche et de l’aquaculture des leviers crédibles d’emploi, en particulier pour la jeunesse africaine.

Le constat est clair. Dans un contexte de chômage élevé des jeunes, la pêche artisanale et l’aquaculture offrent un potentiel encore sous-exploité, capable de générer des emplois décents, de renforcer la sécurité alimentaire et de soutenir la croissance inclusive. Le Commissaire a insisté sur le fait que ces secteurs ne doivent pas être pensés uniquement en termes de production, mais comme des systèmes complets de moyens de subsistance, reliant nutrition, économie locale et cohésion sociale.

Les échanges entre institutions de l’Union africaine, Communautés économiques régionales, organisations professionnelles, réseaux de femmes et de jeunes, partenaires techniques et financiers ont mis en évidence un consensus : la gouvernance durable des ressources aquatiques est indissociable de l’investissement dans le capital humain. FishGov2 s’est imposé comme une référence continentale en matière de réformes, de politiques fondées sur des données probantes et de collaboration institutionnelle. Les délégués ont souligné que ses acquis ne sauraient être fragilisés par des interruptions de financement, appelant à une transition structurée vers FishGov3.

Au cœur des débats, la jeunesse a occupé une place stratégique. Les participants ont souligné « l’urgence de concevoir des parcours favorisant l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes tout au long de la chaîne de valeur de la pêche et de l’aquaculture ». Parmi les recommandations phares figurent la création d’un programme dédié de l’Union africaine pour attirer et retenir les jeunes dans le secteur, le renforcement de la formation professionnelle à travers des centres d’excellence, et la valorisation de l’innovation portée par les nouvelles générations.

Dans cette dynamique, la proposition du président d’AFRIFISH-NET visant à la proclamation d’une Année africaine de la jeunesse dans la pêche artisanale et l’aquaculture s’inscrit comme un signal politique fort. Elle répond à un besoin clair de visibilité, de mobilisation des ressources et de cohérence des actions en faveur des jeunes, tout en renforçant l’alignement avec les priorités continentales de sécurité alimentaire, de nutrition et de résilience économique.

Les partenaires ont réaffirmé leur engagement. La FAO a salué FishGov2 comme un modèle de développement inclusif, l’Union européenne a mis en avant les progrès réalisés en matière de données, de centres d’excellence et de connaissances, tandis que l’institutionnalisation d’AFAData a été reconnue comme une priorité stratégique pour une gouvernance transparente et efficace.

Pour les décideurs et bailleurs, le message de Mombasa est sans ambiguïté : investir dans la jeunesse à travers la pêche et l’aquaculture, c’est investir dans la stabilité, la résilience et la prospérité de l’Afrique. À condition, comme l’ont rappelé les participants, que cette transformation repose sur la collaboration, des financements durables et une inclusion réelle des jeunes et des femmes, appelés à conduire la prochaine vague de croissance du continent.
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