Details article

Admin3626108 Views

Mission de suivi-évaluation CAOPA à Toubacouta

Du 23 au 24 décembre 2025, la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA) a mené une mission de suivi-évaluation dans la commune de Toubacouta, couvrant les villages de Néma Bah, Dassilamé Sérère et Sangako.


Derrière ce déplacement, une ambition claire : vérifier, apprendre, améliorer – et surtout, valoriser le travail patient des communautés locales, en particulier celui des femmes.

Soutenue financièrement par Turning Tides, cette mission s’inscrivait dans la continuité d’un projet pilote mené sur la restauration des mangroves et la valorisation des produits halieutiques, avec un objectif simple mais décisif : transformer des efforts communautaires en résultats durables.

Apprendre ensemble pour mieux vivre de la mer

Le 23 décembre, à Néma Bah, des femmes venues de Gambie, de Néma Bah, de Dassilamé Sérère et de Sangako se sont retrouvées autour d’une même table, sous l’arbre à palabre.
Toutes partagent le même métier : la production et l’exploitation de fruits de mer.

Sous l'arbre à palabres 1
Sous l’arbre à palabres 

Les échanges ont été directs, concrets, utiles. Les participantes ont comparé leurs méthodes, discuté des difficultés et partagé des solutions. L’idée n’était pas d’imposer un modèle, mais de faire circuler l’expérience.

La visite des champs ostréicoles de Néma Bah fut un moment clé.
Mme Gnima Diouf, secrétaire générale du GIE Yonne Diof Yor, a guidé la délégation et expliqué, étape par étape, le processus de production. Ce partage pratique a permis aux autres femmes de se projeter, d’identifier des améliorations possibles et d’envisager de nouvelles opportunités économiques.

Quand la mangrove renaît, tout le village respire

Le lendemain, la mission s’est rendue à Dassilamé Sérère et Sangako.
Là, le constat a été clair : les jeunes plants ont bien poussé.

Le reboisement entrepris en septembre commence déjà à porter ses fruits.

Reboisement Néma Ba
Reboisement Néma Ba


Le terrain parle : la mangrove reprend vie.

Résultat mesurable :

🌱 Néma Bah : 3 hectares reboisés

🌱 Dassilamé Sérère : 2 hectares reboisés

🌱 Sangako : 1 hectare reboisé

Au-delà des chiffres, le reboisement de la mangrove signifie poisson, protection des côtes, revenus pour les familles et espoir pour les jeunes.

« Nous souhaitons que toutes les femmes puissent évoluer dans ce secteur »

Pour la CAOPA, l’un des enjeux essentiels est la place des femmes dans la chaîne de valeur.
Comme le rappelle Khady Diop, chargée des programmes :

« Nous sommes contents du travail fait par les femmes de Néma Bah et de leur solidarité. Il est essentiel que vous preniez référence à ces femmes afin de développer vos activités. Nous souhaitons que toutes les femmes puissent évoluer dans ce secteur. »

Elle insiste aussi sur la rigueur de la démarche :

« Le projet pilote arrive à sa fin, et nous sommes là aussi pour faire un suivi-évaluation de ce qui a été fait en termes de reboisement des mangroves et des champs ostréicoles.
Si nous bénéficions d’autres financements, nous comptons élargir les mêmes activités à Dassilamé, Sangako et en Gambie. »

Le suivi-évaluation, preuve de sérieux

Pour les autorités locales, la démarche de la CAOPA fait la différence.
Mme Roky Diameh, adjointe au maire de Toubacouta, souligne :

Champs ostréicoles
Champs ostréicoles

« C’est très difficile d’obtenir des partenaires qui font le reboisement et le suivi.
Celui qui fait le suivi-évaluation, ça veut dire que ce projet lui tient à cœur et qu’il veut l’amélioration des conditions de vie des femmes. »

Le suivi-évaluation n’est pas un simple contrôle administratif.
Il permet :

→ d’identifier ce qui fonctionne,

→ d’ajuster les actions,

→ d’éviter les projets “sans lendemain”.

Une dynamique qui dépasse les frontières

La présence des femmes gambiennes démontre une réalité : les écosystèmes n’ont pas de frontières, les solutions non plus.
Comme le rappelle Fatou Choye :

« La manière dont la CAOPA travaille au Sénégal, c’est pareil en Gambie.
Elle nous a formés à parler en public et nous a permis de faire des rencontres d’échanges d’expériences dans plusieurs pays. »

Fatou Pierre Choye
Fatou Pierre Choye

Un message simple : le terrain décide

Cette mission aura confirmé une évidence : lorsque les femmes s’organisent, que la mangrove est protégée et que le suivi est rigoureux, les résultats suivent.

La CAOPA poursuivra ce travail : appuyer, relier, documenter et amplifier la voix des communautés.
Parce que la sécurité alimentaire, la résilience climatique et la dignité économique se construisent au rythme des marées – mais avec méthode et solidarité.

Mamadou Aliou DIALLO

Comments are closed